Chers amis lecteurs, bonjour

Je tiens d'abord à remercier tous ceux qui sont venus me voir, le jour des dédicaces, à l'épicerie de Lucie, au "Petit Marché" au mois d'avril.

J'ai pu leur présenter le volume 4 des aventures de Job.

Et aujourd'hui, deux bonnes nouvelles:

Tout d'abord, la parution du volume 5 sous-titré: "Sauveteurs en mer", dédié à tous ces hommes bénévoles, d'un courage qui dépasse l'entendement,qui ont risqué leur vie pour sauver celle des autres.

Et puis, cet été, une nouvelle après-midi de dédicaces, toujours chez Lucie, au "Petit Marché", mais la date reste à trouver!

Je vous tiendrai au courant.

Voici, pour vous donner envie de le lire en entier, la première page de la première de mes 4 histoires.
A bientôt la joie de vous revoir

Jo.L

 

La nuit de la goélette (a)

 

Locquirec a toujours été un port de pêche.

Il commandait l'entrée du petit port de commerce de Toul An Héry qui connut son essor au début du XIXème siècle, quand les champs alentour, des deux côtés du Douron, étaient recouverts de cultures de lin et de chanvre: les paysans apportaient alors leurs récoltes au quai, et des mousses chargeaient la précieuse marchandise pour la convoyer jusqu'à Morlaix,où des usines à vapeur se chargeaient de les transformer en bons tissus bien solides et en cordages suffisamment résistants pour permettre aux voiles de bateaux de supporter nos vents et nos tempêtes d'équinoxe.

 

Et comme tout grand port qui se respecte, Locquirec avait ses marins sauveteurs.

Certes, au départ, ils n'étaient pas nombreux: juste sept.

Mais ils étaient courageux, résistants, excellents marins et bien sûr, déjà à l ' époque, bénévoles.

Le canote utilisé n'était qu'une simple barque de pêche. Une baleinière sur laquelle il fallait six hommes pour manier les six lourds avirons. Et un homme solide supplémentaire, pour tenir la barre et garder le cap.

On était loin encore des « Hospitaliers Sauveteurs Bretons » avec leurs magnifiques canots insubmersibles, à redressement spontané, à vidange immédiate de l'eau embarquée.

Jobig faisait partie du canote de sauvetage. A la rame, il ne craignait personne, et sur les 7 marins confirmés, quatre savaient nager. Un seul des quatre était même un excellent nageur. Notre Jobig justement.

 

Quand il était aux champs avec son frère cadet et son père, Jobig gardait toujours une oreille vers le port, car si la corne de brume résonnait par deux fois, il fallait y aller. La nuit, il ne dormait plus depuis longtemps dans le lit-clos de la cuisine: il avait une chambrette dans le grenier. Et de là, il pouvait entendre le signal, même endormi au plus profond de la nuit.

 

Et c'est justement cette nuit-là, cette nuit d'équinoxe, où il dormait profondément, de tout son saoul, qu'il entendit retentir le signal: deux longs coups de corne dans la nuit noire.

 

(à suivre)